Saints maronites
L'Église maronite a donné à l'Église catholique universelle sept saints canonisés, auxquels s'ajoutent un bienheureux, un vénérable et une liste grandissante de Serviteurs de Dieu dont les causes restent ouvertes. Ce ne sont pas des fondateurs de grands mouvements ni des auteurs de livres célèbres. Ce sont des ermites, des religieuses, des frères laïcs et des martyrs, pour la plupart issus des villages de la montagne libanaise, dont les vies cachées se sont fait connaître du monde par les grâces et les guérisons attribuées à leurs prières.
Voici la liste complète des saints et des figures saintes maronites, avec les dates où l'Église les a reconnus, leurs fêtes et un bref récit de chaque vie. Pour les histoires plus complètes, suivez les liens vers chaque portrait, ou parcourez toute la bibliothèque des saints maronites.
Combien y a-t-il de saints maronites ?
Sept figures maronites portent le titre de saint. Saint Maron se tient à l'origine de la tradition. Trois moines des temps modernes, Charbel, Rafqa et Nimatullah, ont été canonisés entre 1977 et 2004 et on les appelle souvent le grand trio de la sainteté maronite. En 2024, trois frères laïcs, les Frères Massabki de Damas, s'y sont ajoutés lorsque le pape François a canonisé les Martyrs de Damas.
Sous eux, sur le chemin de la sainteté, se trouvent le bienheureux Estephan Nehme, béatifié en 2010, et le vénérable Estephan Douaihy, le patriarche et historien déclaré vénérable en 2008. Plusieurs autres Maronites, dont des religieuses et des moines des deux derniers siècles, sont Serviteurs de Dieu, leurs causes étant en cours.
Les saints maronites canonisés
Saint Maron (v. 350 – 410)
Le père de la tradition. Saint Maron était un ermite syrien du IVe siècle qui quitta les villes pour vivre en plein air sur une montagne près d'Antioche, priant sous le ciel en toute saison. Sa réputation de sainteté attira des disciples, et après sa mort ses fidèles bâtirent un monastère à son nom et portèrent sa manière de vivre dans les montagnes du Liban, où elle devint l'Église maronite.
Sa fête est célébrée le 9 février. Lisez l'histoire complète de saint Maron et de la naissance de la tradition maronite.
Saint Charbel Makhlouf (1828 – 1898)
Le saint maronite le plus célèbre, et l'un des saints les plus vénérés au monde. Charbel fut un ermite d'Annaya qui passa les vingt-trois dernières années de sa vie dans un silence presque total, voué à l'Eucharistie et à la prière. Après sa mort, une lumière fut aperçue au-dessus de son tombeau, et son corps exhumé fut retrouvé intact, exsudant un liquide semblable à de l'huile que les pèlerins associent aux guérisons jusqu'à aujourd'hui.
Il fut béatifié en 1965 et canonisé par le pape Paul VI en 1977. Sa fête tombe le 24 juillet, célébrée le troisième dimanche de juillet à Annaya. Découvrez sa vie, ses miracles documentés et la neuvaine priée en son nom.
Sainte Rafqa (1832 – 1914)
Une religieuse libanaise qui demanda à Dieu de partager la souffrance du Christ, et la reçut. Pendant les dernières décennies de sa vie, Rafqa endura la cécité et une lente paralysie, les portant avec une sérénité qui étonnait ceux qui la soignaient. Elle continua à travailler et à prier aussi longtemps que son corps le lui permit, et demanda seulement à demeurer utile.
Elle fut canonisée par le pape Jean-Paul II le 10 juin 2001. Sa fête est le 23 mars. Lisez l'histoire de sainte Rafqa et de sa souffrance volontaire.
Saint Nimatullah Al-Hardini (1808 – 1858)
Érudit, enseignant et père spirituel de saint Charbel. Nimatullah Kassab Al-Hardini fut un moine de l'Ordre libanais maronite connu pour son savoir, son talent pour relier et copier les livres, et son refus de tout honneur qu'on lui offrait. Il forma toute une génération de moines maronites, dont Charbel, à la discipline du silence et de la prière.
Il fut canonisé par le pape Jean-Paul II le 16 mai 2004. Sa fête est le 14 décembre. Découvrez saint Nimatullah Al-Hardini, le maître de saint Charbel.
Les Frères Massabki (morts en 1860)
Francis, Abdel Moati et Raphaël Massabki étaient trois laïcs maronites de Damas, fils d'un même père, hommes d'affaires et de famille plutôt que du cloître. Le 10 juillet 1860, pendant les massacres qui balayèrent Damas, ils furent tués à l'intérieur d'une église franciscaine pour avoir refusé de renier leur foi chrétienne. De Francis, l'aîné, on retient qu'il répondit qu'il donnerait son argent et sa vie, mais jamais sa foi.
Béatifiés en 1926, ils furent canonisés par le pape François le 20 octobre 2024, avec les huit frères franciscains tués à leurs côtés, les Martyrs de Damas. Ils sont les premiers laïcs maronites jamais élevés aux autels, et leur fête est célébrée le 10 juillet. Leur canonisation a donné à l'Église maronite ses premiers saints qui n'étaient pas moines : des hommes mariés, des commerçants, des pères, saints au milieu de la vie ordinaire.
Le bienheureux et le vénérable
Bienheureux Estephan Nehme (1889 – 1938)
Un frère laïc de l'Ordre libanais maronite dont toute la vocation fut le travail manuel et la prière silencieuse. Le frère Estephan bâtissait des murs, travaillait les champs et portait la pierre, et ceux qui le connurent se souvenaient d'un homme toujours en paix et toujours au travail. Ses paroles souvent citées étaient simples : Dieu me voit.
Il fut béatifié le 27 juin 2010 à Kfifan, au Liban. Sa fête est le 30 août. Lisez la vie du bienheureux Estephan Nehme.
Vénérable Estephan Douaihy (1630 – 1704)
Le patriarche maronite qui donna à son Église son histoire. Douaihy était un érudit formé à Rome qui revint au Liban, fut élu patriarche et passa sa vie à défendre, réformer et consigner la tradition maronite. Ses écrits sur la liturgie et l'histoire de son peuple demeurent fondateurs, et on l'appelle souvent le père de l'historiographie maronite.
Il fut déclaré vénérable par le pape Benoît XVI en 2008. Découvrez le vénérable patriarche Estephan Douaihy.
Une sainte de l'héritage libanais : Mariam Baouardy
Sainte Mariam Baouardy (1846-1878), connue sous le nom de Marie de Jésus Crucifié, n'est pas maronite au sens strict. Elle naquit près de Nazareth dans une famille grecque-catholique melkite d'origine libanaise et syrienne, et entra chez les Carmélites déchaussées. Mais ses racines levantines, son mysticisme et son amour de l'Orient chrétien l'ont rendue profondément aimée au Liban et dans toute la diaspora maronite.
Elle fut canonisée par le pape François le 17 mai 2015. Sa fête est le 26 août. Découvrez sainte Mariam Baouardy, la mystique carmélite de Palestine.
Les fêtes des saints maronites
Les fêtes ci-dessous suivent le calendrier liturgique maronite. Pour l'année complète des fêtes et des temps maronites, voyez le calendrier liturgique maronite et le calendrier visuel des fêtes.
9 février — Saint Maron
23 mars — Sainte Rafqa
10 juillet — Les Frères Massabki (Martyrs de Damas)
24 juillet — Saint Charbel Makhlouf (troisième dimanche de juillet)
26 août — Sainte Mariam Baouardy
30 août — Bienheureux Estephan Nehme
14 décembre — Saint Nimatullah Al-Hardini
Ce qui unit les saints maronites
À une exception près, les saints maronites furent formés dans le silence. Maron priait seul sur sa montagne. Charbel, Rafqa et Nimatullah donnèrent leur vie à la règle monastique, et leur sainteté grandit en des lieux cachés : un ermitage, un lit de malade, une table de reliure. Même Estephan Nehme, frère laïc, fit une vocation du travail silencieux de ses mains.
Les Frères Massabki brisèrent ce schéma et le complétèrent. C'étaient des laïcs avec des familles et des commerces, et leur sainteté fut éprouvée non dans une cellule mais en une seule heure d'épreuve. Ensemble, les saints maronites enseignent que la sainteté n'est pas réservée au monastère. Elle est accessible dans le silence et sur la place du marché, dans une longue vie de prière et dans un unique acte de foi décisif.
Pour comprendre le monde spirituel qui les a produits, lisez à propos de la tradition maronite et de la Divine Liturgie maronite qui a façonné leur prière.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de saints maronites ?
Sept figures maronites ont été canonisées : saint Maron, saint Charbel, sainte Rafqa, saint Nimatullah Al-Hardini et les trois Frères Massabki. Au-delà, le bienheureux Estephan Nehme a été béatifié, le vénérable Estephan Douaihy a été déclaré vénérable, et plusieurs autres Maronites sont Serviteurs de Dieu aux causes ouvertes.
Quel est le saint maronite le plus célèbre ?
Saint Charbel Makhlouf, l'ermite d'Annaya, est de loin le plus connu. Son corps incorrompu, l'huile de son tombeau et plus d'un siècle de guérisons documentées ont fait de lui l'un des saints les plus vénérés au monde.
Qui fut le premier saint maronite ?
Saint Maron, l'ermite du IVe siècle dont les disciples ont fondé l'Église maronite, est le premier et celui qui a donné son nom à la tradition. À l'époque moderne des canonisations formelles, saint Charbel fut le premier Maronite élevé aux autels, canonisé en 1977.
Les Frères Massabki sont-ils des saints maronites ?
Oui. Francis, Abdel Moati et Raphaël Massabki étaient trois laïcs maronites de Damas, tués en 1860 pour avoir refusé de renier leur foi. Canonisés en 2024, ils sont les premiers laïcs maronites jamais déclarés saints de l'Église universelle. Leur fête est le 10 juillet.
Quelle est la différence entre un saint, un bienheureux et un vénérable ?
Ce sont des étapes de la reconnaissance de la sainteté par l'Église. Un Serviteur de Dieu a une cause ouverte. Un vénérable a été reconnu pour ses vertus héroïques. Un bienheureux a un miracle confirmé. Un saint a deux miracles confirmés, ou est mort martyr, et est vénéré par toute l'Église.
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