Nohad El Shami

En janvier 1993, une mère libanaise de douze enfants se coucha incapable de bouger un côté de son corps et se réveilla en marchant. Sur son cou se trouvaient deux incisions qui, selon elle, n'étaient pas là la veille au soir.

Elle s'appelait Nohad El Shami, et son témoignage devint le récit moderne le plus connu associé à Saint Charbel. C'est aussi la raison pour laquelle des dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Annaya le 22 de chaque mois.

Qui elle était

Nohad El Shami venait de Mezarib, un village de la région du Mont-Liban. Elle était maronite, mariée, et mère de douze enfants, sept fils et cinq filles.

Elle avait la cinquantaine passée, et la plupart des récits lui donnent cinquante-cinq ans. Ce n'était pas une figure publique et elle n'avait aucun lien avec le monastère, juste une Libanaise ordinaire vivant le lendemain d'une longue guerre.

L'accident vasculaire cérébral

Le 9 janvier 1993, elle perdit force et contrôle de son côté gauche. Sa jambe, son bras et une partie de sa bouche cessèrent de répondre.

Les médecins diagnostiquèrent une hémiplégie, la paralysie d'un côté du corps, causée par une obstruction grave des artères irriguant son cerveau. La plupart des récits évoquent environ quatre-vingts pour cent d'obstruction d'un côté et soixante-dix de l'autre, bien que ces chiffres proviennent du récit de la famille plutôt que d'un dossier médical publié.

Le pronostic était sombre. On lui dit qu'aucun médicament ne restaurerait ce qu'elle avait perdu, et qu'une opération vasculaire était possible en théorie mais peu susceptible de l'aider.

Son fils Saad fit la route jusqu'à Annaya. Il en rapporta de l'huile du sanctuaire et un peu de terre du tombeau de Saint Charbel, ce que les familles libanaises font pour leurs malades depuis plus d'un siècle. Notre article sur l'huile de Saint Charbel traite de cette pratique.

La nuit du 21 au 22 janvier

Ce qui suivit est son propre récit, raconté de la même façon pendant plus de trente ans.

Elle dit que, durant la nuit, deux moines maronites apparurent près de son lit. L'un d'eux posa les mains sur son cou et commença à l'opérer. L'autre tenait un oreiller derrière son dos et apaisait sa douleur pendant l'intervention.

Elle reconnut le premier moine comme Saint Charbel. À son réveil, elle constata qu'elle pouvait lever les bras. Elle se leva, et elle marcha.

De part et d'autre de son cou se trouvaient deux longues plaies qui ressemblaient à des incisions chirurgicales. Sa famille la retrouva debout dans une maison où on l'avait portée de pièce en pièce quelques jours plus tôt.

« J'ai fait l'opération »

Selon son récit, Saint Charbel vint à elle de nouveau la nuit suivante avec une explication et une demande.

Il dit qu'il avait accompli l'opération pour que les gens voient et reviennent à leur foi. Puis il lui demanda de venir à son ermitage d'Annaya le 22 de chaque mois, et d'assister régulièrement à la Messe pour le reste de sa vie.

La phrase sur le retour à la foi est la partie qu'elle répétait le plus souvent lorsqu'elle parlait aux pèlerins. Elle ne se présenta jamais comme le cœur de l'histoire.

Les cicatrices

Les incisions sur son cou sont le détail qui fit voyager le récit. Des sources dévotionnelles rapportent que les marques restèrent visibles pour le reste de sa vie et qu'elles se rouvraient périodiquement.

Ici, il convient d'être prudent. Les cicatrices furent vues et photographiées par de nombreuses personnes, y compris des journalistes et des membres du clergé, et cela n'est pas contesté. L'affirmation qu'elles se rouvraient selon un rythme régulier apparaît dans les récits populaires avec des détails variables, et aucun suivi clinique n'a été publié. Nous la rapportons comme un élément largement répété d'un récit dévotionnel plutôt que comme une donnée médicale vérifiée.

Ce que l'Église a dit et n'a pas dit

Cette distinction est importante, et elle est souvent brouillée en ligne.

Saint Charbel fut béatifié en 1965 et canonisé en 1977. Les guérisons formellement examinées et approuvées par le Vatican dans sa cause appartiennent toutes à cette période antérieure. En 1993, le processus était clos depuis longtemps, si bien que la guérison de Nohad El Shami ne fut jamais soumise à un tribunal du Vatican.

Ce que l'Église a fait, c'est permettre la dévotion qui en a grandi. Le monastère d'Annaya l'a reçue, a permis son témoignage, et les rassemblements du 22 du mois ont lieu avec la bénédiction de la hiérarchie maronite. C'est une véritable acceptation ecclésiale, mais non un miracle canoniquement approuvé.

Pour les cas qui furent formellement instruits, voyez notre aperçu des miracles de Saint Charbel et la liste plus complète des guérisons documentées.

Comment le 22 du mois a commencé

Nohad tint la promesse. Chaque mois, elle montait la route de montagne jusqu'à l'ermitage des Saints Pierre et Paul au-dessus du Monastère Saint-Maron d'Annaya, et elle allait à la Messe.

Au début, elle y allait avec sa famille. Puis les voisins vinrent, puis ceux qui avaient entendu l'histoire, puis ceux qui l'avaient entendue de seconde et de troisième main depuis d'autres pays.

Aujourd'hui, le 22 est un point fixe du calendrier dévotionnel libanais. La Messe à Annaya à cette date attire de grandes foules, et des paroisses maronites de Sydney à São Paulo tiennent leurs propres prières du 22 du mois à Saint Charbel. Si vous envisagez de faire le voyage, notre guide pour visiter Annaya décrit ce à quoi s'attendre.

Ses dernières années et sa mort

Elle passa trois décennies à raconter la même histoire à quiconque le demandait. Les pèlerins la cherchaient à Annaya le 22, et elle leur parlait sans cérémonie.

Nohad El Shami est décédée le 14 mai 2025. Sa mort fut rapportée par l'ensemble des médias libanais, qui la décrivirent comme la messagère du miracle le plus célèbre de Saint Charbel.

Comment recevoir une histoire pareille

Les histoires de ce genre sont faciles à détourner dans deux directions. L'une est de les rejeter en bloc. L'autre est de les traiter comme une formule, comme si prier de la bonne manière garantissait le même résultat.

Nohad elle-même ne promit jamais de guérison à personne. Elle dit que Saint Charbel avait agi pour que les gens reviennent à leur foi, et elle pointait vers la Messe plutôt que vers elle-même. C'est la manière honnête de la recevoir.

Si vous portez une maladie qui vous est propre, ou si vous priez pour quelqu'un que vous aimez, vous pouvez l'apporter à Saint Charbel dans la prière pour la guérison ou sur neuf jours avec la neuvaine à Saint Charbel. Et pour comprendre l'ermite silencieux au centre de tout cela, lisez la vie de Saint Charbel Makhlouf.

Foire aux questions

Qui est Nohad El Shami ?

Nohad El Shami était une Libanaise maronite de Mezarib, dans la région du Mont-Liban, et mère de douze enfants. En janvier 1993, la cinquantaine passée, elle fut laissée partiellement paralysée par un accident vasculaire cérébral. Elle devint connue dans tout le Liban et bien au-delà pour son témoignage selon lequel Saint Charbel l'avait guérie lors d'une vision nocturne, témoignage qu'elle donna publiquement à Annaya pendant plus de trente ans.

Qu'est-il arrivé à Nohad El Shami ?

Le 9 janvier 1993, elle subit un accident vasculaire cérébral qui laissa un côté de son corps paralysé. Les médecins constatèrent une obstruction sévère des artères irriguant son cerveau et dirent à la famille qu'il y avait peu à faire. Dans la nuit du 21 au 22 janvier, elle rapporta avoir vu deux moines maronites à son chevet, dont l'un qu'elle reconnut comme Saint Charbel. Elle dit qu'il posa les mains sur son cou et l'opéra tandis que l'autre moine la soutenait. Elle se réveilla capable de bouger et de marcher, avec deux incisions au cou.

Le miracle de Nohad El Shami est-il reconnu par l'Église ?

Pas au sens canonique formel. Les miracles officiellement examinés et approuvés par le Vatican dans la cause de Saint Charbel sont des cas antérieurs, utilisés pour sa béatification en 1965 et sa canonisation en 1977. La guérison de Nohad El Shami eut lieu en 1993, bien après la clôture de ce processus. C'est un témoignage largement attesté et très médiatisé que le monastère d'Annaya a accueilli et diffusé, et la dévotion qui l'entoure est pleinement permise, mais ce n'est pas un miracle de canonisation approuvé par le Vatican.

Pourquoi le 22 du mois est-il important ?

Dans son récit, Saint Charbel demanda à Nohad de venir à son ermitage d'Annaya le 22 de chaque mois et d'assister à la Messe pour le reste de sa vie. Elle tint cette promesse pendant des décennies, et d'autres pèlerins commencèrent à venir avec elle. Aujourd'hui, le 22 de chaque mois attire des foules à Annaya pour la Messe et la prière, et des paroisses maronites du monde entier tiennent leurs propres dévotions du 22 du mois à Saint Charbel.

Nohad El Shami est-elle encore en vie ?

Non. Nohad El Shami est décédée le 14 mai 2025, plus de trente-deux ans après la guérison qu'elle a décrite. Les médias libanais rapportèrent largement sa mort, et on se souvint d'elle comme de la femme dont l'histoire ramena une génération de pèlerins à Annaya. Elle avait continué à parler aux visiteurs et aux pèlerins de ce qui lui était arrivé presque jusqu'à la fin de sa vie.

Voir aussi : Saint Charbel Makhlouf. Les miracles de Saint Charbel. Liste des miracles documentés. L'huile de Saint Charbel. Monastère d'Annaya. Visiter Annaya. Prière de Saint Charbel pour la guérison. Neuvaine à Saint Charbel.

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